Bruits dans le grenier la nuit : fouine, loir, rat ou souris ? Les reconnaître à l'oreille et aux crottes
Bruits dans le grenier la nuit : fouine, loir, rat, souris, chauve-souris ou oiseau. Les reconnaître au bruit, à l'heure, aux crottes, et ce que dit la loi.
- Niveau
- Débutant
- Durée
- Une ou deux nuits d'écoute, une inspection de 30 min
- Budget
- Rien pour identifier, un peu de grillage et de mastic pour boucher
- Lecture
- 11 min
- Mis à jour

Il est une heure du matin. Au-dessus du plafond de la chambre, quelque chose court, s'arrête, gratte, puis roule comme une bille sur le plancher du grenier. Parfois un cri aigu, parfois un bruit sourd, comme si quelqu'un marchait sur la pointe des pieds. Les bruits dans le grenier la nuit sont l'une des inquiétudes les plus fréquentes de l'automne, et l'imagination va vite : rats, fouine, « bête » inconnue.
Bonne nouvelle : chaque animal a sa signature. L'heure à laquelle il fait du bruit, le type de bruit, la saison, les crottes et les dégâts qu'il laisse permettent presque toujours de savoir qui est là, sans même monter de nuit. C'est important, car les solutions et le droit ne sont pas les mêmes : on piège une souris, on laisse partir une fouine, et on n'a pas le droit de déranger une chauve-souris.
Qui fait du bruit dans le grenier ? Le tableau pour l'identifier
| Animal | Quand | Type de bruit | Crottes | Autres indices |
|---|---|---|---|---|
| Fouine | Toute la nuit, dès le crépuscule. Surtout de mars à mi-août | Pas lourds, courses-poursuites, bonds, cris, grattements | Torsadées, nettement plus grosses que celles d'un rat, souvent avec poils, plumes ou noyaux, déposées toujours au même endroit | Laine de verre arrachée et tassée en nid, odeur forte, câbles de voiture rongés |
| Loir gris, lérot | La nuit, du printemps à l'automne. Silence pendant l'hibernation, d'octobre à avril | Cavalcades rapides, noix ou fruits roulés, cris aigus, grognements, sifflements | Petites, noires, en bâtonnet, de la taille d'un grain de riz | Fruits stockés grignotés, nid de matières douces |
| Rat | La nuit, toute l'année | Grattements et rongements forts, déplacements plus lourds qu'une souris | Plus de 1 cm, épaisses | Traces grasses le long des poutres, gaines électriques rongées |
| Souris | La nuit, surtout à partir de l'automne | Grattements légers, rapides, trottinements | 3 à 6 mm, en grain de riz pointu | Isolant ou emballages grignotés, nombreuses crottes éparses |
| Chauves-souris | Sortie au crépuscule, retour avant l'aube. Présence surtout en été | Presque silencieuses. Petits cris aigus, froissements à l'heure de sortie | Petites, sèches, qui s'effritent en poudre entre les doigts, en tas sous le gîte | Animaux suspendus aux voliges ou glissés dans les interstices |
| Oiseaux (moineaux, étourneaux, choucas) | À l'aube et au crépuscule, surtout au printemps | Pépiements, grattements sous les tuiles, battements d'ailes | Fientes blanches, liquides | Brindilles et paille sous le toit, allées et venues visibles de l'extérieur |
| Effraie des clochers | La nuit | Chuintements et sifflements, « ronflements » des jeunes | Pelotes de réjection grises contenant des os de petits rongeurs | Fréquente greniers, granges, clochers |
Les crottes de souris et de rat sont décrites en détail dans notre guide pour se débarrasser des souris, avec les précautions de nettoyage.
La fouine : le bruit le plus impressionnant
La fouine est un petit carnivore de 40 à 50 cm, sans compter la queue, qui pèse de 1,3 à 2,3 kg selon la LPO. Elle se faufile dans un interstice d'environ 7 cm, la taille de son crâne, et grimpe partout : gouttières, lierre, crépi rugueux. Elle s'est parfaitement adaptée à nos maisons, qui lui offrent un gîte chaud.
Son activité est presque exclusivement nocturne. Selon la fiche de la LPO Alsace, elle est bruyante dès la tombée du jour, mais surtout à deux périodes : de début mars à mi-juillet, quand les petits sont nourris et jouent, puis du 15 juillet au 15 août, période du rut, avec cris et courses-poursuites. De mi-août à mars, elle est beaucoup plus discrète. Si vous l'entendez fin octobre, elle est donc installée, mais ce n'est pas sa période la plus bruyante.
Ses dégâts les plus courants : l'isolation en laine de verre arrachée pour faire son nid, des crottes et de l'urine déposées toujours au même endroit pour marquer son territoire, et parfois des câbles de voiture rongés. Bonne nouvelle : elle ne pullule pas. La femelle chasse ses petits de son territoire cinq à six mois après leur naissance.
Loir et lérot : les fêtards de l'automne
Le lérot se reconnaît à son masque noir qui file jusque derrière les oreilles, le loir gris à son pelage gris et sa queue touffue. Ces deux rongeurs omnivores, qui mangent fruits, insectes et graines, adorent les greniers. Ils font beaucoup de bruit pour leur taille : courses rapides, noix ou pommes roulées sur le plancher, cris au printemps et en été.
Puis, d'un coup, plus rien. D'octobre à avril, selon Picardie Nature, loirs et lérots hibernent, roulés en boule, leur température corporelle passant de 38 °C à environ 4 °C. Ils choisissent souvent un nichoir, une grange ou un grenier. Si le vacarme cesse avec les premiers froids, c'est souvent la marque d'un loir ou d'un lérot qui s'est endormi, et qui ne vous dérangera plus avant le printemps.
Rats et souris : l'invasion d'automne
Avec les premières nuits fraîches, les souris cherchent un abri chaud et de la nourriture. Elles passent par un trou de la taille d'un stylo, et le grenier, peu fréquenté, leur convient parfaitement. Le bruit est léger et rapide, un trottinement ou un grattement qui revient chaque nuit au même endroit.
Le rat fait un bruit plus appuyé, des rongements qui s'entendent nettement à travers un plafond. Ses crottes dépassent 1 cm. Avec un rat, l'intervention d'un professionnel se justifie plus vite qu'avec une souris, car il ronge les gaines électriques et se reproduit rapidement.
Chauves-souris : les colocataires silencieuses
Les chauves-souris sont les moins bruyantes de la liste, et souvent les dernières soupçonnées. Selon Poitou-Charentes Nature, les combles et greniers servent de gîtes de mise bas à plusieurs espèces (rhinolophes, grand murin, sérotine, oreillards), qui recherchent des endroits chauds (plus de 25 °C), sans courants d'air, tranquilles et sombres. Les pipistrelles et la sérotine se glissent volontiers dans l'isolation ou les interstices de la charpente.
On les repère surtout à leurs crottes, le guano : de petits grains secs qui s'effritent en poudre brillante quand on les écrase, parce qu'ils sont faits de restes d'insectes. C'est la grande différence avec une crotte de souris, dure et compacte. Ce guano fait d'ailleurs un excellent engrais pour le jardin.
Les combles servent surtout de nurserie en été : la période sensible va de mi-mai à fin août. En hiver, de nombreuses espèces hibernent plutôt dans des lieux frais et stables, comme les caves. Si vous découvrez une colonie, ne la délogez pas : vous n'en avez pas le droit.
Les oiseaux et la chouette effraie
Des bruits à l'aube, des pépiements et des grattements sous les tuiles signalent presque toujours des oiseaux : moineaux, étourneaux, choucas, martinets au printemps. Une chouette effraie, elle, chuinte et siffle la nuit, et ses jeunes émettent des sortes de ronflements. Elle laisse au sol des pelotes de réjection pleines d'os de rongeurs : c'est un excellent signe, celui d'un chasseur de souris gratuit.
Bruits sans animal : les fausses alertes
Tout bruit nocturne n'est pas un animal. Une charpente qui travaille avec les écarts de température, des tuiles qui bougent au vent, une canalisation qui claque au démarrage du chauffage ou une branche qui frotte le toit peuvent faire illusion. Un bruit qui revient à heure fixe, sans crotte ni trace dans la farine, oriente vers une cause mécanique.
Ce que dit la loi : qui est protégé ?
C'est la question qui change tout, car les solutions diffèrent radicalement.
| Animal | Statut en France | Ce que vous pouvez faire |
|---|---|---|
| Chauves-souris (toutes les espèces) | Protégées par l'arrêté du 23 avril 2007 : interdiction de les détruire, capturer, déranger intentionnellement, et de détruire ou dégrader leurs gîtes | Cohabiter, ou demander conseil à une association. Pas de travaux de toiture de mi-mai à fin août |
| Oiseaux (moineau, martinet, hirondelles, choucas, effraie) | Protégés par l'arrêté du 29 octobre 2009, avec leurs nids | Attendre la fin de la nidification pour boucher les accès. Le pigeon biset n'est pas sur la liste |
| Fouine | Non protégée. Peut être classée « susceptible d'occasionner des dégâts » dans certains départements (arrêté du 10 août 2026, pour 2026 à 2029) | La faire partir puis boucher. Piégeage seulement par un piégeur agréé, poison interdit |
| Loir gris, lérot | Non protégés (absents de l'arrêté de 2007), ni classés nuisibles | Les laisser partir au printemps, boucher les accès. Poison déconseillé, car non sélectif |
| Muscardin | Protégé (arrêté de 2007) | Ne pas le piéger. Il est petit, roux, et rare dans les maisons |
| Rat, souris | Non protégés | Pièges, obturation, professionnel si besoin |
Rappelons aussi que tout acte de cruauté envers un animal est puni par la loi, quel que soit son statut. Les pièges à glu et les poisons posés au hasard tuent aussi les chouettes, les hérissons et les chats qui mangent les animaux empoisonnés.
Que faire selon l'animal
Une fouine. La LPO décrit une méthode en quatre temps, sans blesser l'animal. Repérez tous les accès (la farine aide). Bouchez-les tous sauf un, avec une planche ou un grillage rigide, pour ne pas l'enfermer. Posez un répulsif en gel ou liquide dans le gîte et sur les passages. Écoutez pendant 48 heures, puis, une fois sûr qu'elle est partie, fermez le dernier accès. Fermez tout dans les trois jours, sinon une autre fouine prendra la place. La LPO conseille de la déloger de septembre à février, hors période d'élevage des petits, et de poser des colliers à pics sur les descentes de gouttière en octobre et novembre.
Un loir ou un lérot. En plein automne, il est probablement sur le point d'hiberner. Le plus simple est souvent d'attendre le printemps, quand il ressort, puis de boucher les accès, et d'installer au besoin un nichoir dans le jardin pour l'attirer ailleurs, comme le suggère Picardie Nature. Rangez les fruits stockés au grenier dans des caisses fermées.
Des souris ou des rats. Suivez notre méthode pour se débarrasser des souris : nourriture hermétique, tapettes en nombre, trous bouchés à la laine d'acier et au mastic. Pour des rats, appelez un professionnel plus tôt.
Des chauves-souris. Rien à faire, sauf si leur guano vous gêne. Une bâche au sol, ou une planchette sous le trou d'envol, permet de le récolter après la saison d'été. Pour tout projet de travaux de toiture ou d'isolation, contactez une association naturaliste de votre région : elle vous dira quand intervenir et comment préserver un accès.
Des oiseaux. Attendez la fin de la nidification, vérifiez que le nid est vide, puis posez un grillage ou des closoirs sous les tuiles.
Les erreurs à éviter
- Monter au grenier de nuit avec un bâton. Une fouine acculée peut mordre, et une chute sur un plancher de grenier non porteur se termine souvent à travers le plafond.
- Boucher tous les trous d'un coup. Vous risquez d'emmurer l'animal, qui mourra sur place ou abîmera tout pour sortir.
- Poser du poison dans les combles. Il est non sélectif, interdit pour la fouine, et un rongeur empoisonné peut mourir dans un recoin inaccessible, avec l'odeur qui va avec.
- Manipuler un animal ou des crottes à mains nues. Gants et masque, et on humidifie avant de ramasser, jamais de balayage à sec.
- Lancer des travaux de toiture en été sans vérifier la présence de chauves-souris ou de nids.
Quand appeler un professionnel
- vous avez identifié des rats ;
- une fouine a détruit une partie de l'isolation, ou revient malgré les accès bouchés ;
- les accès sont en toiture, hors de portée d'une échelle stable ;
- vous trouvez une colonie de chauves-souris et prévoyez des travaux : appelez alors une association de protection, pas une entreprise de dératisation.
Pendant l'inspection, profitez-en pour regarder l'état de l'isolation et de la charpente. Et si vous croisez surtout des insectes, nos guides sur les araignées à l'automne et les coccinelles dans la maison prennent le relais.
En résumé
- Bruits lourds et cris de mars à mi-août : fouine. Cavalcades jusqu'à l'automne puis silence : loir ou lérot. Grattements : rat ou souris. Presque rien : chauves-souris. Aube : oiseaux.
- Les crottes et la farine sur le plancher confirment l'identification.
- Chauves-souris et presque tous les oiseaux sont protégés, avec leurs gîtes et leurs nids.
- La fouine, le loir et le lérot ne sont pas protégés, mais le poison est à proscrire : on les fait partir, puis on bouche les accès.
- Pour des rats, une fouine tenace ou des travaux de toiture, faites appel à un professionnel ou à une association.
Questions fréquentes
Quel animal fait du bruit dans le grenier la nuit ?
Les plus fréquents sont la fouine (bruits lourds, courses, bonds, cris), le loir et le lérot (cavalcades, objets roulés, cris aigus, de la fin du printemps à l'automne), le rat (grattements et rongements appuyés) et la souris (grattements légers et rapides). Les chauves-souris sont presque silencieuses. Les oiseaux font surtout du bruit à l'aube, pas au milieu de la nuit.
Comment reconnaître des crottes de fouine ?
Elles sont torsadées, plus grosses que celles d'un rat, et contiennent souvent des poils, des plumes, des noyaux ou des pépins. La fouine les dépose à des endroits fixes pour marquer son territoire. Des crottes de 3 à 6 mm en grain de riz évoquent plutôt une souris, de plus d'un centimètre un rat.
La fouine est-elle une espèce protégée ?
Non. La fouine ne figure pas sur la liste des mammifères protégés (arrêté du 23 avril 2007). Elle peut même être classée « susceptible d'occasionner des dégâts » dans certains départements par l'arrêté ministériel du 10 août 2026. Mais l'empoisonner est interdit, et la piéger obéit à des règles strictes : on passe par un piégeur agréé. La méthode conseillée par la LPO est de l'amener à partir, puis de boucher les accès.
Les chauves-souris dans le grenier sont-elles dangereuses ?
Elles ne s'accrochent pas aux cheveux et ne rongent rien. Toutes les espèces françaises sont protégées : il est interdit de les capturer, de les déranger intentionnellement ou de détruire leur gîte. Évitez de les manipuler à mains nues, car elles peuvent porter des virus rares, et contactez une association de protection des chauves-souris si leur présence pose problème.
Le loir et le lérot sont-ils protégés ?
Ni le loir gris ni le lérot ne figurent sur la liste des mammifères protégés de l'arrêté du 23 avril 2007, contrairement à leur petit cousin le muscardin. Ils ne sont pas pour autant classés nuisibles. Le poison est à proscrire, car il n'est pas sélectif. La bonne solution est de les laisser partir au printemps et de boucher les accès.
Pourquoi entend-on plus de bruit au grenier en automne ?
Parce que plusieurs animaux cherchent alors un abri pour l'hiver. Souris et rats entrent avec les premières nuits fraîches, et loirs et lérots s'installent pour hiberner d'octobre à avril. Une fois endormis, ces derniers deviennent silencieux. La fouine, elle, est surtout bruyante de mars à mi-août.
Quand faut-il appeler un professionnel ?
Pour des rats, pour une fouine installée dans l'isolation, pour une infestation qui revient malgré les trous bouchés, ou si vous devez intervenir sur la toiture. Pour des chauves-souris, appelez une association naturaliste plutôt qu'une entreprise de désinsectisation, qui n'a pas le droit de les déloger.
Sources
- Légifrance : arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés
- Légifrance : arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés
- Légifrance : arrêté du 10 août 2026 sur les espèces susceptibles d'occasionner des dégâts (2026 à 2029)
- LPO Alsace et GEPMA : fiche « La fouine », cohabitation et solutions
- Picardie Nature : fiche espèce « Le lérot et le loir »
- Poitou-Charentes Nature : utilisation des combles et toitures par les chauves-souris



